|
Hôpital Tsimbalina Orphelinat "Vera" Action "Bolnitsa Tsimbalina" St.Petersburg - Russia INTRODUCTION La Russie apparait comme un pays "paradoxal". C'est une des plus grandes puissances, il y a toute la technologie possible et imaginable, ... mais elle ne semble profiter qu'une petite partie de la population! L'argent ne semble pas toujours aller là où le peuple en a le plus besoin. Par exemple, les salaires les plus bas sont ceux du personnel médical et de l'éducation. L'impression générale est vraiment celle d'une misère enracinée depuis des siècles. L'histoire est celle d'un peuple qui a du se battre pour exister, contre les envahisseurs, contre les idéologies extrêmes, contre les intempéries. Comme un certain fatalisme aussi. Le centre de St-Petersbourg est très joli, avec de beaux bâtiments, des parcs, des avenues et rues spacieuses. Mais dès qu'on séloigne vers l'extérieur, c'est une certaine misère, avec des rues et des jardins non entretenus, des bâtiments sales, des cités. La misère se lit sur les visages, dans les vêtements, l'absence de soins dentaires, les mains abîmées. Beaucoup de gens semblent 'souffreteux', pâles par anémie, toussant, crachant, ... Le manque d'argent ne permet pas de se nourrir correctement, de se soigner correctement. Le salaire usuel environne les 500,- Roubles par mois (soit 131,- Francs français), face à un coût de vie relativement élevé. Les produits de base sont abordables, mais le moindre "écart", la nourriture de qualité, riche en protéines ou vitamines, se paye cher. Beaucoup de familles n'ont qu'un seul salaire pour vivre, d'autres cumulent plusieurs emplois pour avoir assez d'argent. Bref! Sous un dehors de grande puissance, une partie du peuple Russe vit dans une misère sociale et humaine, qui laisse par ailleurs la porte grande ouverte à beaucoup d'abus et d'exploitation. PRESENTATION de l'hôpital TSIMBALINA Les bâtiments: Les batiments sont vieux, et pas bien entretenus. L'extérieur est assez joli; mais l'intérieur est "glauque". Les murs sont abîmés, des morceaux entier de plâtre tombent. La peinture est vieille, terne, et s'écaille. L'éclairage au néon est insuffisant. Il est clair que l'individu n'a pas sa place (reste de l'idéologie communiste?), en ce sens que les chambres et quasiment toutes les pièces, sont vitrées, y compris la salle de bains/toilettes des chambres des enfants; ce qui n'encourage clairement pas ces derniers à se laver. Les lits sont vieux, rouillés; les matelas de simples paillasses tachées et nauséabondes. Les draps ne sont pas changés assez régulièrement et sentent l'urine. Les chambres sont de quatre-cinq lits, où tous les âges sont mélangés, garçons et filles, de quelques mois à 13-14 ans. Le personnel: L'hôpital Tsimbalina est le seul établissement médical pour accueillir les enfants des rues, pour une ville de 5 millions d'habitants! Les enfants - du bébé à l'adolescent - sont majoritairement amenés par la Police. L'hôpital est composé de deux équipes qui travaillent ensemble: l'équipe médicale & l'équipe sociale. Le personnel médical est géré et financé par l'Etat, alors que le personnel social est soutenu par une organisation non gouvernementale, Russe mais subventionnée par des organismes étrangers, "INNOVATION". Il faut préciser que le salaire va du simple au triple entre l'Etat et Innovation... quand le salaire de l'Etat arrive dans les mains des salariés (il arrive qu'il se "perde")! Les médecins rencontrés ont paru motivés par leur travail (malgré un salaire seulement du double de celui d'une infirmière, soit environ 30,-us$). Par contre, le personnel infirmier, en contact direct et continu avec les enfants, ne semble pas du tout prendre part humainement à leur tâche. Les infirmières viennent pour travailler, font peu attention aux enfants dans leur intégralité, négligeant le fait qu'un petit est mouillé (et, sans couche, a aussi mouillé le sol), qu'un enfant s'est cogné ou écorché, etc... Elles n'ont pas choisi de travailler dans ce type d'hôpital, avec des enfants souvent difficiles; et le manifestent. Comme ces enfants sont justement difficiles, il faut plus de personnel, et celui qui est nommé (sorte d'aide-soignante) est souvent jeune, sans expérience, sans réelle qualification, et mécontent de devoir faire ce travail. Cela conduit à une situation qui n'est pas agréable pour les enfants, qui auraient - vu leur situation - besoin de tant d'attention et d'affection! L'équipe sociale d'Innovation, choisie selon d'autres critères, bien mieux motivée (y compris par leur salaire), semble réellement porter intérêt à ces enfants, à leurs problèmes, et donne beaucoup plus d'attention au quotidien. Il y a une psychologue, un éducateur, et plusieurs enseignantes. Cette équipe travaille quotidiennement (de 10h à 16h30, sauf dimanche) à l'hôpital. Les enseignantes donnent des leçons aux plus grands, à ceux qui le souhaitent, et le reste du temps proposent des activités, ou simplement sont présentes avec les enfants dans les salles de jeux. La psychologue, ensemble avec l'éducateur responsable du projet, et le reste de l'équipe, recherche les solutions les meilleures pour chacun des enfants. Le choix se résumant le plus souvent à soit aménager un retour dans la famille, soit à trouver une place dans une maison d'enfants (dont les conditions sont.... feront l'objet d'une autre page!). Le projet social a réllement transformé le visage de cet hôpital, créant des salles de jeux fournies, apportant télévisions et magnétoscopes, matériel pédagogique, etc... Mais il reste tant à faire!! Bénéficiaires : La plupart de ces enfants ont fait face à des problèmes de violence au domicile, violence principalement fruit de l'abus d'alcool ou l'usage de drogue. En réponse àcela, les enfants se sont enfuis dans les rues. La rue est un lieu de 'non-droit', où différents pouvoirs s'affrontent et où l'argent règne. Peu de compassion. Beaucoup d'abus. Le taux de prostitution et de pornographie infantile est important. Alors, pas mal d'enfants arrivent avec syphilis ou Sida. Il y a aussi un problème de drogue, et des enfants connaissent la dépendance dés l'âge de 7-8 ans. Pour se procurer la drogue (le plus souvent de la colle), ils se livrent à la prostitution, ou autres. A leur arrivée à l'hôpital, ils sont placés au rez-de-chaussé, dans des chambres fermées par un loquet, en observation, pour environs deux semaines. Après quoi, soit ils vont directement dans un établissement (orphelinat), soit ils retournent dans leur famille... soit ils retournent dans la rue. En effet, il est du choix du personnel de ne pas utiliser la force pour les maintenir enfermés; alors, en cas de rebellion et d'agressivité, il est décidé de les laisser repartir (!). L'emphase est donc porté sur les conditions d'accueil, afin que les enfants aient le souhait de demeurer et de profiter de l'aide qu'ils peuvent trouver. Il y a aussi le cas de parents qui sont déclarés inapte à s'occuper de leur(s) enfant(s), souvent pour des problèmes d'alcoolisme ou de drogue. Les enfants sont alors récupérés par la Police et apportés à l'hôpital. Pendant notre présence, un enfant de 1 an a été amené, avec, sur son certificat de naissance: "Lieu de naissance: décharge publique"! NOTRE PARTICIPATION Aide au niveau des soins en collaboration avec l'équipe médicale Il y a d'abord des besoins en matériel, d'usage courant et à usage unique. Nous avons donc apporté un peu de ce qui était demandé (stéthoscope, tensiomètre pour enfants, etc... et aussi des blouses et habits d'hôpital). Nous avons aussi débloqué 3.000,-FF qui ont été partagés entre l'achat de vêtements, de médicaments, et de nourriture pour bébés. Ensuite, ce fut une surprise de voir que les médecins russes incluent dans leurs thérapies le massage. Pas seulement les massages "techniques", de type kinésithérapie, mais également le massage sensitif et énergétique (l'acupuncture est reconnue à sa juste valeur en Russie). Alors, le matin était consacré à masser des enfants pour lesquels les médecins avaient prescrit des séances. Surtout des bébés - de 3 mois à 1 an 6 mois - sortant de maladie, ou simplement pour leur bien-être (besoin de contacts, de se sentir touché, de chaleur humaine, pour leur bon développement psychologique). Aide au niveau des activités pour les enfants en collaboration avec l'équipe sociale Les enfants ont parfois tout simplement besoin d'attention, de bienveillance, de sentir que des gens sont là pour eux, pour les aider au lieu de les exploiter. Ne parlant pas Russe, nous n'avons pu qu'organiser des activités manuelles de type origami, macramé, etc... D'abord un peu intrigués par la présence de quelqu'un qui ne parle pas leur langue, certains enfants ont manifesté beaucoup de joie pour l'attention qu'on leur donnait. Nous faisions notre possible pour rester le plus longtemps possible avec eux, même hors activités, simplement pour regarder la télévision, pour assister à leur jeux, etc... Notre dernière visite en Russie, bien que très courte, nousa permis d'établir de nombreux contacts à St.Petersbourg. Nous avons également établi les bases de différents projets qui commencent à émerger. CEte troisième visite d'environ deux mois et demi (du 20 décembre 2001 au 4 mars 2002), a été le point de départ d'un projet spécifique avec un orphelinat qui accueille environ trente enfants. Action avec l'orphelinat "VERA" St.Petersbourg - Russie
ORPHELINAT 'VERA' Structure de taille moyenne par le nombre d'enfants qu'elle reçoit, " Vera " fonctionne à la fois comme un orphelinat et un foyer d'accueil pour enfants en situation familiale temporairement difficile. C'est uniquement à travers le dévouement et la volonté des adultes qui y travaillent que le minimum matériel et affectif peut être assuré. En effet les budgets d'états ne permettraient de faire fonctionner cet établissement que trois mois dans l'année. Le complément venant d'organisations étrangères diverses, de collaborations, projets, etc… Toutefois si le minimum est assuré il manque encore beaucoup pour offrir des conditions de vie agréables à ces enfants, leur permettant de se construire autrement que dans le stress et sous l'emprise de la loi du plus fort. L'intérieur a été rénové par les éducateurs et différentes personnes travaillant dans l'orphelinat, mais les bâtiments restent en mauvais état, étroits et vétustes. Peu de douches et de toilettes pour autant de personnes, peu de salles d'activités, de lieu pour s'échapper du groupe. Les comportements des enfants entre-eux passent beaucoup par une forme de violence physique, moyen de décharge des tensions et de l'énergie qu'ils ne peuvent évacuer par ailleurs. Dans un lieu où l'espace est très restreint (les chambres sont de quatre lits, à mobilier très réduit, et accueilleraient déjà difficilement deux lits), la promiscuité omniprésente (avec ce que cela comporte de manque d'intimité), et les adultes trop peu nombreux pour offrir une présence suffisante ; il est difficile d'envisager sereinement l'avenir, d'établir un fonctionnement affectif stable, d'acquérir les repères nécessaires à une vie adulte équilibrée. NOTRE PARTICIPATION  Aide au niveau des activités pour les enfants Durant notre séjour nous avons organisé différentes activités avec les enfants. Cours de français avec l'aide d'une interprête, origami. ces activités régulières ont rapidement été pour les enfants un moment de calme recherché. Parce qu'ils pouvaient se retrouver avec nous en petits groupes, qu'ils pouvaient compter sur une régularité, une écoute. Nous avons aussi organisé des sorties par petits groupes. L'occasion pour ces enfants de retrouver plus d'attention, avec des adultes pouvant prendre le temps de se consacrer à eux individuellement. Aide au niveau des soins Les budgets de l'orphelinat étant très réduit, il n'est possible pour le directeur que d'envoyer deux enfants par mois pour des soins à l'extérieur, comme le dentiste. Les dentistes d'état sont souvent réputés pour leur manque de douceur et les solutions souvent radicales qu'ils utilisent. les enfants sont alors peu enclins à retourner ou aller voir le dentiste. Pourtant les besoins sont importants. Venant de familles à problèmes, abandonnés par leurs parents, les enfants de l'orphelinat on souffert d'un défaut d'attention, de malnutrition, carences, etc... Leurs dents sont très souvent en mauvais état, dès le plus jeune âge. Il recoivent aussi beaucoup de sucreries, bonbons, les adultes pensant que c'est là un bon moyen d'offrir une compensation à leurs problèmes. Nous avons donc pris le partit d'amener nous-même des enfants chez un dentiste privé... Ce qui était ô combien nécessaire! Une jeune fille de 13 ans avait 8 dents endommagés! Un dentiste d'Etat aurait arraché d'emblée au moins deux dents définitives; la femme que nous avons vu a passé beaucoup de temps et fait preuve de beaucoup de patience, et engagée une technique qui permettra de les conserver. La dentiste a aussi pointé le déficit important en calcium.
|